Mutuelle étudiante : comment s’y retrouver ?

En devenant étudiant, vous sortez du cadre de la sécurité sociale traditionnelle, et vous allez devoir gérer comme vous le souhaitez, votre couverture santé. La mutuelle étudiante, que l’on peut nommer aussi « Sécurité Sociale étudiante » est obligatoire si vous poursuivez vos études après le bac. Je vous explique ici tout ce qu’il faut savoir pour être parfaitement couvert.

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Mutuelle étudiante et complémentaire santé

Il faut faire attention a ne pas tout mélanger. La mutuelle santé étudiante et la complémentaire santé sont deux prestations différentes. En réalité la mutuelle santé étudiante vient remplacer la sécurité sociale traditionnelle, et la complémentaire, vient, comme son nom l’indique, en complément pour avoir le moins de frais de santé possible. Il y a une confusion qui se fait régulièrement, car généralement on appelle mutuelle, les complémentaires santé. Hors, ici la mutuelle étudiante est représentée par la sécurité sociale.

La sécurité sociale étudiante est donc obligatoire, et les prestations sont identiques à celles du régime général que vous connaissiez avec vos parents. C’est donc un remboursement partiel généralement entre 15 et 70 % selon les soins et les frais médicaux engagés.

La complémentaire santé n’est en revanche pas obligatoire, mais fortement conseillée pour éviter une sortie d’argent importante en cas de coup dur. Elle va prendre en charge la partie des frais que ne couvre pas la sécurité sociale étudiante.

 

Qui est concerné par la sécurité sociale étudiante ?

Si vous avez moins de 18 ans, alors vous n’êtes pas concerné et vous conservez votre situation de lycéen. Vous devrez souscrire, si vous êtes âgé de plus de 18 ans, et que vous vous inscrivez dans un établissement d’enseignement supérieur validé et agréé par la Sécurité Sociale. Vous serez obligatoirement affilié au régime étudiant et vous obtiendrez un numéro de sécurité sociale bien à vous.

La limite d’âge est de 28 ans, au-delà, vous pouvez continuer à bénéficier du statut étudiant à la sécurité sociale dans les cas suivants :

  • Service national
  • Études particulières
  • Raisons médicales particulières

Jusqu’à 29 ans vous êtes couvert gratuitement pas la CPAM, et si ensuite vous êtes toujours étudiant, il faudra souscrire une assurance personnelle.

Si vous êtes un étudiant étranger ressortissant européen. Vous êtes libre de choisir entre une assurance assurance maladie personnelle, ou une mutuelle équivalente à la sécurité sociale dans votre pays, et le régime d’affiliation à la mutuelle étudiante en France. Si en revanche vous êtes étudiant ressortissant d’un pays hors de l’Union européenne, alors vous devez obligatoirement vous inscrire à la sécurité sociale.

Combien coûte la mutuelle santé étudiant ?

Pour 2016 – 2017, il faudra vous acquitter, pour la couverture minimum, de 215€ pour une année. Vous pouvez régler la cotisation en 3 fois si vous souhaitez, et le premier versement se fait toujours obligatoirement le jour de l’inscription. Les deux autres versements doivent être réalisés les deux mois qui suivent.

Lors de l’inscription, vous aurez le choix entre un centre régional (la SMEREP en région parisienne par exemple), ou bien le centre national de Sécurité Sociale étudiante qui n’est autre que la LDME (La Mutuelle Des Étudiants). Les prestations pour la part de la Sécurité Sociale sont absolument identiques d’un organisme à un autre. Après le premier versement, le passage de la Sécu de vos parents à votre nouvelle couverture se fait le 1er octobre. Vous recevrez alors une carte Vitale indiquant votre numéro de Sécurité Sociale. Généralement l’envoi de la carte se fait avant le 1er décembre.

 

Comment choisir sa mutuelle santé étudiante ?

Lorsque vous visiterez votre future fac, vous ne manquerez pas de croiser des agents venus vous faire succomber aux sirènes de leur mutuelle santé. La LMDE et les mutuelles régionales cherchent toujours à attirer les étudiants et il n’est pas toujours simple de s’y retrouver. Si la part « Sécurité Sociale » est identique chez chacun des organismes, il y a en revanche des différences concernant les prestations pour la prise en charge des frais restants.

Il faudra alors choisir en analysant votre situation de santé. Avez-vous des problèmes de vue, des problèmes dentaires, etc ? Il faudra vous poser les bonnes questions, et vous trouverez alors différents contrats qui vont varier selon la couverture des risques. Il faudra alors que vous jugiez le meilleur rapport qualité/prix, en fonction de vos exigences et de vos besoins.

La LMDE et les mutuelles régionales vous proposent ces différentes couvertures, mais vous êtes libre de choisir une complémentaire santé ailleurs. Toutefois, les deux premières options sont souvent bénéfiques en terme de prix et offre de nombreux avantages grâce à plusieurs partenariats avec des professionnels de la santé.

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La LMDE (La Mutuelle Des Étudiants)

On trouve 56 agences réparties dans les villes universitaires de France. Il y a 13 permanences dans les campus et on retrouve surtout toujours un agent dans les 2 100 points d’accueils de l’Assurance Maladie. C’est la seule Sécurité Sociale étudiante a être implantée à l’échelle nationale. C’est un très bon point si vous pensez devoir changer de région et d’université au cours de vos études, votre dossier sera toujours suivi et conservé. Il faut savoir que la LMDE est un partenaire AXA, et on peut donc profiter avec cette mutuelle de divers avantages liés au groupe AXA. Que ce soit pour la banque, l’assurance ou des complémentaires santé plus complète, vous aurez accès à des tarifs souvent avantageux.

Eemvia : Les mutuelles régionales

Emevia est un réseau qui regroupe 10 mutuelles étudiantes régionales. On compte environ 200 agences dans toute la France. Le réseau permet un suivi des dossiers efficace, afin justement de contrer l’implantation nationale de la LMDE. Cela fonctionne très bien, et si vous deviez changer d’université, la continuité de service et le transfert de votre dossier ne sera absolument pas un problème.

Quelle complémentaire s’adapte le mieux à mes besoins ?

Couvrir uniquement les soins courants et l’hospitalisation

Les soins courants et l’hospitalisation sont couverts par la plupart des complémentaires santé. Toutefois, on peut si on le souhaite, réduire les cotisations au minimum en ne couvrant simplement que les frais d’hospitalisation. On vous conseille tout de même de prendre la garantie soins courants, qui va prendre en charge les consultations et les soins de médecine généraliste ainsi que certaines prestations chez des spécialistes. Généralement, pour une couverture d’entrée de gamme en complémentaire santé étudiante, il faudra compter moins de 10€ par mois. C’est intéressant, car ce n’est pas très cher et ça vous couvre relativement bien.

Pour les médecins généralistes ou des spécialistes en dépassements d’honoraires

Les médecins de secteur 2 sont autorisés à pratiquer des dépassements d’honoraires. Ils proposent donc leurs prestations à des prix supérieurs à ceux sur lesquels se basent la Sécurité sociale pour ses remboursements. L’assurance maladie ne rembourse donc pas la totalité des soins, et les complémentaires santé les moins chères non plus.

Si vous êtes habitués à consulter ce type de médecins, c’est généralement le cas du gynécologue par exemple, il est conseillé de choisir une complémentaire santé qui va prendre en charge la totalité. Il faut donc vérifier que la prise en charge soit supérieure à 100 %. Une mutuelle à 150 % ne devrait pas coûter trop cher, et elle vous assure une très bonne couverture en cas de dépassements d’honoraires.

Pour les dépenses en optique et en dentaire

La sécurité sociale étudiante de base, rembourse très mal les soins optiques ou dentaires. Pour les lunettes par exemple, on ne vous remboursera pas plus de 10€ par paire, ce qui est souvent très loin du montant payé. Une couverture 100€ pour l’optique est donc largement conseillée. Les soins dentaires idem, taux de remboursement faible par rapport à des tarifs élevés, et donc on se tournera vers une couverture à 150€ pour être aussi tranquille que possible.

Essayer de calculer aussi précisément que possible vos besoins sur une année. Pensez à vos dépenses régulières ainsi qu’à vos dépenses à venir. Si vous ajoutez des options, alors n’hésitez pas à consulter les organismes généralistes, qui vont parfois offrir des prix plus avantageux que les mutuelles étudiantes.

CMU (Couverture Maladie Universelle)

Lorsqu’on est étudiant, on a parfois beaucoup de frais, mais pas ou peu de revenus. Dans ce cas, il n’est pas simple de trouver les ressources suffisantes pour payer une complémentaire santé digne de ce nom. La Couverture Maladie Universelle est une protection complémentaire santé totalement gratuite, et donc la possibilité d’accéder à divers spécialistes, à l’hôpital sans dépenser le moindre sous et même sans avancer les frais divers. Grâce à la CMU, vos soins sont pris en charge à 100 % en tiers payant. Cet organisme oblige également les professionnels de la santé à respecter les tarifs fixés par la Sécurité Sociale.

Moins de 25 ans ou plus de 25 ans ?

Pour les moins de 25 ans qui sont considérés comme à la charge de leurs parents (en étant attaché à leur foyer fiscal, en recevant une pension alimentaire de leur part, ou encore en vivant sous leur toit), le droit à la CMU est étudié après une demande familiale. Selon le niveau de revenus de vos parents, vous y aurez droit ou non. Vous pouvez effectuer une demande individuelle si vous remplissez toutes les conditions suivantes :

  • Ne pas vivre sous le même toit que vos parents
  • Avoir rempli une déclaration fiscale séparée de celle de vos parents
  • Ne pas recevoir de pension alimentaire donnant lieu à une déduction fiscale

Dans ce dernier cas, le calcul de l’adhésion à la CMU complémentaire se fera en prenant compte de vos revenus personnels lors des 12 derniers mois civils précédant la demande.

Pour les plus de 25 ans, il est nécessaire de procéder à une demande autonome et individuelle. Pour ce faire, il faut respecter les conditions suivantes :

  • Résider en France depuis plus de 3 mois
  • Être en situation régulière
  • Avoir des ressources en dessous d’un certain seuil

Si vous remplissez ces conditions, alors votre complémentaire santé CMU sera gérée par votre sécurité sociale de base, ou bien par un organisme présent sur la liste des organismes volontaires.

Il faut noter que tous les dossiers de CMU complémentaires sont effectués et traités par les caisses d’assurance maladie.

Rester couvert par la complémentaire de mes parents, possible ou pas ?

Si l’adhésion à la sécurité sociale étudiante est obligatoire, vous n’êtes pas obligé de souscrire à la complémentaire santé de l’organisme que vous aurez choisi. Il est donc tout à fait possible de rester couvert par la complémentaire de vos parents, en tout cas le temps que cette dernière le permet. En effet, les organismes généralistes fixent toujours un âge maximum qui va varier de 19 à 27 ans selon votre assureur. Lorsque cette limite sera franchie, vous pourrez ou pas, souscrire seul à une complémentaire santé à la mutuelle de choix.

Il faut comparer les tarifs et les prestations de la complémentaire de vos parents, mais souvent ce sera moins cher de partager la mutuelle des parents, plutôt que de prendre une complémentaire santé tout seul.

Prise en charge à l’étranger

Peut-être que pour vos études, vous serez amené à changer de pays. Vous avez également le droit de vous détendre et passer quelques jours de vacances à l’étranger. Mais dans ces cas-là, quid de la couverture dont vous bénéficiez ?

Dans l’Union Européenne

Si vous êtes inscrit dans une université française, mais que vos études doivent passer par un séjour plus ou moins long dans un pays de l’Union européenne, ou en Suisse, notamment dans le cadre d’un programme communautaire de type Erasmus, alors vous devez simplement réclamer auprès de votre organisme assureur, votre carte européenne d’assurance maladie.

Cette dernière vous donne la possibilité de bénéficier de la prise en charge de tous vos soins médicaux et de vos dépenses de santé sur l’ensemble du territoire européen. Attention tout de même à bien vérifier les formalités du pays qui vous accueille, pour être certain de connaître votre niveau d’assurance.

La carte européenne ne remplace en aucun cas votre carte vitale en France. Elle vous permet simplement de faire valoir vos droits à l’étranger. Elle est individuelle, et reste valable pendant un an. C’est votre caisse d’Assurance Maladie qui vous la fournit, et vous devez la réclamer au moins 15 jours avant votre départ à l’étranger.

En dehors de l’Union Européenne

Si vous partez pour vos études ou en voyage dans un pays en dehors du territoire européen, alors il faut commencer par se renseigner sur une possible convention avec la France. Votre organisme de la sécurité sociale pourra vous informer sur cette convention et vous transmettre les modalités d’application pour bénéficier d’une protection.

Si le pays n’a pas de convention avec la France, alors vous aurez le choix entre une assurance à la Caisse des Français de l’étranger ou bien d’adhérer si c’est possible à un organisme pour la protection sociale des étudiants de votre pays d’accueil.

Dans le cas d’un stage

Si celui-ci est rémunéré, alors vous serez forcément soumis au régime social du pays d’accueil avec les mêmes conditions que les habitants de ce pays. Vous pourrez également souscrire à la Caisse des Français de l’étranger.

Si le stage n’est pas rémunéré et que vous êtes en Europe, c’est la carte d’assurance européenne d’assurance maladie qui fera son travail en vous ouvrant les droits d’accès à la santé du pays en question. Hors de l’Europe, les frais urgents, en cas d’accident par exemple seront pris en charge rapidement, mais pour les soins courants il faudra tout payer dans le pays d’accueil. Certains de ces frais pourront cependant être remboursés en France, dans certains cas, et en apportant un justificatif.